DiCaprio s’investit en Formule E et envisage un test

L'acteur écologiste Leonardo DiCaprio présidera le Comité de Développement Durable de la Formule E, nouvellement créé. Une nouvelle évolution pour celui qui s'était déjà engagé auprès de l'écurie de Formule E Venturi. L'acteur envisage d'ailleurs d'effectuer une session de roulage aux commandes d'une monoplace 100% électrique, comme il l'évoque dans l'interview relayée ci-dessous.

Leonardo DiCaprio à la présidence du Comité de Développement Durable de la Formule E

Cet organisme se concentrera sur les contributions de la Formule E à la promotion des véhicules électriques, en réfléchissant principalement à leur utilisation en zone urbaine. L’empreinte de la FE dans les villes où se déroulent les championnats, tant par rapport aux infrastructures qu’à l’éducation, sera également l’un des thèmes abordés au cours du comité de mise au point. Le comité aura un rôle plus éminent sur la responsabilité sociale des affaires de durabilité. Ils se réuniront pour échanger leurs idées sur la manière de solutionner les problèmes environnementaux les plus astreignants présents actuellement dans le monde entier.

Leonardo DiCaprio sera rejoint par les partenaires et actionnaires principaux des championnats de FE, ainsi que par Alejandro Agag, le PDG de Formula E Holdings. L’objectif principal de la Formule E, en plus de la compétition, est de promouvoir les véhicules électriques, dans le but de changer leur perception, et d’impulser de nouvelles technologies pour la mobilité propre. Lors du gala de collecte de fonds pour sa fondation, à Saint-Tropez, DiCaprio a discuté avec Alejandro Agag au sujet de son engagement dans la Formule E et de son militantisme environnemental.

A.A : Leonardo, vous avez été un écologiste actif tout au long de votre carrière. Pourquoi?

L.D : J’ai été réveillé par la gravité de ces questions à la fin des années 1990, lorsque j’ai rencontré le vice-président Al Gore à la Maison Blanche. Lui et moi avons parlé pendant une heure sur le changement climatique, comment il a commencé, et sur le fait qu’il s’agit du plus grand challenge de notre société pour le prochain millénaire.

Al Gore m’a inspiré. J’ai alors décidé que je voulais faire partie des protecteurs de notre planète, en investissant mon temps, mon énergie, et ma voix pour faire connaître les changements climatiques et les nombreuses façons dont l’humanité a un impact direct sur notre environnement. En un mot, je crois que ceci est notre devoir moral.

Depuis les années 1990, j’œuvre sur le terrain et sur les scènes du monde entier pour attirer l’attention sur ces questions. Comme je l’ai dit lors du sommet climatique de l’ONU l’an dernier, je suis profondément convaincu qu’aucune de ces questions n’est rhétorique et que rien de tout cela n’est de l’hystérie, c’est une réalité.

A.A : Vous avez créé votre Fondation, la Fondation Leonardo DiCaprio, un an après la sortie de Titanic, et, depuis ce temps, vous avez soutenu 70 projets dans plus de 40 pays et dans tous les océans, et, tout récemment, vous avez fait don de 15 millions de dollars à une grande variété d’initiatives environnementales. Et après ?

L.D : Ma Fondation se concentre sur la sensibilisation et collecte des fonds pour lutter contre certains défis environnementaux, les plus urgents, auxquels est confrontée la planète.

Notre travail atteint tous les coins du globe, de la mer Arctique à l’Afrique et l’Amazonie. Nous faisons aussi des efforts de préservation active dans tous les océans. Notre modèle va bien au-delà de faire de simples chèques et d’espérer d’arriver à résoudre ces problèmes. Nous soutenons activement des projets concrets, menés par des écologistes et des dirigeants communautaires sur le terrain, qui font un travail incroyable, souvent dans des conditions très difficiles. Nous attendons avec impatience de faire évoluer rapidement ces actions et de soutenir de plus en plus de projets dans le futur.

Tout le monde a besoin de prendre des mesures. Je crois que nous tous, quelle que soit notre situation socio-économique ou géographique, pouvons et devons faire quelque chose pour préserver notre environnement, que ce soit à petite ou grande échelle.

A.A : L’année dernière, vous avez appelé les dirigeants mondiaux lors du Sommet sur le climat des Nations Unies. Quels outils utilisez-vous pour continuer à faire passer le message qu’il s’agit du « plus grand défi de notre existence sur cette planète » ?

L.D : Nous devons maintenir l’élan, et je le fais en utilisant toutes les plateformes à ma disposition pour pousser à l’action sur ces questions cruciales.

Les médias sociaux ont été un outil puissant pour la promotion des causes écologiques, et pas seulement à des occasions dédiées à l’environnement, comme la Journée de la Terre, par exemple. C’est à chaque heure de la journée que notre planète est détruite.

Le film est un autre outil. En 2014, je narrais le documentaire « Carbon », qui a donné aux téléspectateurs un aperçu exceptionnel des impacts dévastateurs du changement climatique. Récemment, je travaille aux côtés de Netflix pour produire des histoires importantes sur l’environnement. Par exemple, « Virunga » est un documentaire qui montre la nécessité de la protection des gorilles de montagne dans le plus ancien parc national d’Afrique, tout en exposant les dures réalités de la vie au Congo.

J’agis aussi dans les rues, pour l’activisme à l’ancienne. L’année passée, j’ai manifesté à la People’s Climate March, à New York, qui a coïncidé avec l’Assemblée générale de l’ONU, pour attirer l’attention sur le nombre de personnes solidaires de notre environnement et faire pression sur les dirigeants du gouvernement, pour enfin engager un traité mondial sur le changement climatique.

Quels que soient les outils que j’utilise, ce n’est pas juste dire aux gens de changer leurs ampoules ou d’acheter une voiture hybride. Mon but est de communiquer sur le fait que notre planète est à un point de retournement, et la fenêtre du changement se referme rapidement.

A.A : Quel rôle peut jouer la technologie pour nous aider à résoudre nos défis environnementaux ?

L.D : Notre planète nous offre des sources d’énergies renouvelables sans limites. La technologie était le chaînon manquant pour rendre cette énergie viable et compétitive avec les combustibles fossiles ; aujourd’hui nous sommes enfin prêts à faire la transition à 100% vers l’énergie propre et renouvelable.

La technologie est un catalyseur de l’innovation perturbatrice dans toutes les facettes de la vie, en particulier dans les domaines des villes intelligentes et durables. Par exemple, je suis excité par l’une des annonces les plus récentes de perturbation dans l’avenir de l’énergie par « Powerwall », batterie de Tesla, qui fournit un stockage d’énergie pour les maisons individuelles.

Le rythme du changement est incroyable. Comme l’a dit Nelson Mandela : cela semble toujours impossible jusqu’à ce que ce soit fait. Il y a dix ans, je ne pouvais pas imaginer charger ma voiture sans même la brancher, ni même faire du shopping pendant que ma voiture est tranquillement en train de charger à distance, dans son espace de stationnement.

Des projets tels que la Formule E agissent comme des laboratoires technologiques pour accélérer l’innovation. Par exemple, la durée de la batterie des véhicules électriques sera augmentée grâce au Championnat.

A.A : Nous avons tous un rôle à jouer dans le développement durable : les gouvernements pour la politique, les entreprises pour l’innovation et l’investissement, et les citoyens pour l’action locale quotidienne. Quelle est la grande avancée qui va faire le changement ?

L.D : Le changement vient avec une participation à tous les niveaux. Par rapport au fait d’envisager les villes de l’avenir, les gouvernements, par exemple, ont un rôle important à jouer dans le développement durable. Cependant, à moyen terme, il sera difficile de maintenir les voitures de combustion dans les centres urbains.

Les gouvernements seront la clé de la transformation de nos centres villes vers des zones « propres ». Pour commencer, il sera probablement juste question des centres villes, mais peu à peu toute la ville devrait être ouverte uniquement aux véhicules durables. Le covoiturage sera aussi une partie importante de cette révolution, ainsi que la réglementation.

A.A : Quel impact pensez-vous que le Comité de Développement Durable de Formule E aura ?

L.D : Le changement climatique est à la fois un impératif moral et d’affaires. Le comité, en réunissant les 10 meilleurs acteurs mondiaux de mobilité et d’innovation sur le thème du développement durable, envoie le signe clair que nous sommes sur la ligne de front pour aider à résoudre la crise climatique. La Formule E alimente ces acteurs, avec une forte voix collective mondiale.

L’entreprise durable est l’avenir. Je félicite les entreprises comme la Formule E pour le lancement d’un championnat mondial de voitures électriques, et Apple, qui fonctionne à 100% avec les énergies renouvelables aux États-Unis.

A.A : Pourquoi avez-vous décidé de soutenir la Formule E ?

L.D : J’ai d’abord entendu parler de Formule E à New York, il y a plus de trois ans, quand ce n’était encore qu’une idée. Depuis, j’ai soutenu les championnats, et j’ai été surpris par la façon dont elle a percé durant ses premières années. Certains étaient critiques et croyaient que la Formule E échouerait ; et je pense que vous et votre équipe avez fait un travail incroyable prouvant que ces critiques étaient infondées et vous avez fait de votre vision une réalité. La Formule E peut vraiment être un outil puissant pour changer la perception des gens sur les voitures électriques.

Je suis également attiré par le fait que cette formule E roule seulement dans les centres urbains. Je suis préoccupé par les villes. Elles représentent une bombe à retardement environnementale. Dans 20 ans, 80% de la population mondiale vivra dans les villes, ce qui signifiera une demande constante et croissante de ressources naturelles déjà en diminution, plus que la planète peut éventuellement gérer.

Les villes du futur ont besoin d’être intelligentes et durables. La technologie sera la clé pour cela. L’un des moyens les plus importants pour réduire la pollution dans les villes est l’investissement dans des solutions de transports intelligents. C’est là où les voitures électriques entrent en jeu, parce que les voitures électriques sur la route sont le moyen d’améliorer la qualité de l’air au profit de la planète et des Hommes.

Je rêve de ces villes, où les gens et les transports sont reliés entre eux et à bon escient, où nous utilisons les ressources naturelles disponibles et durables comme l’énergie solaire. Voilà un avenir qui mérite d’être défendu. Des projets comme la Formule E contribueront à faire de ce projet une réalité.

A.A : Vous êtes un conducteur de voiture électrique. Qu’est ce qui est si différent sur ces véhicules ?

L.D : Le grand public connaissait mon penchant pour l’écologie depuis mon apparition à la cérémonie des Oscars au volant d’une Toyota Prius. Je suis constamment photographié quand je quitte ma maison, c’est donc une manière créative que j’ai de montrer mon engagement écologique.

Je crois qu’il est important d’adopter de nouvelles technologies qui essaient de faire une différence. L’avenir de notre planète dépend de notre capacité à adopter des solutions comme véhicules à énergie propre, par exemple. La meilleure chose sur les voitures électriques est la façon dont elles sonnent et dont elles se conduisent. Elles sont aussi rapides, faciles à utiliser et très cool. Vous la branchez simplement tous les soirs comme vous le feriez pour votre téléphone mobile.

Je serais ravi de faire un test de FE. Peut-être que vous allez me voir dans une voiture de Formule E bientôt !

Récemment primé aux oscars -pour la première fois de sa brillante carrière- pour son premier rôle dans le film « The Revenant »,  Leonardo DiCaprio montre ainsi à quel point son implication envers l’environnement lui tient à coeur, bien au-delà d’un simple phénomène de mode. Une notoriété utilisée à bon escient, ce dernier ayant d’ailleurs profité de la cérémonie des oscars pour faire passer un certain nombre de messages écologistes, devant les caméras du monde entier…

Liste des membres du comité :

Président : M. Leonardo DiCaprio, acteur, scénariste et producteur

Membres :
M. Michael T. Fries, directeur général de Liberty Global
M. Boris Collardi, CEO de la Banque Julius Baer & Cie SA
M. Ken Allen, PDG de DHL Express
Dr. Paul E. Jacobs, président de Qualcomm
M. Nicolas Huss, PDG de Visa Europe
M. Jean-Dominique Senard, Directeur Général de Michelin
M. Jean Claude Biver, CEO de TAG Heuer

  1. Simon Freer, président FEH
    M. Alejandro Agag, PDG Formula E Holdings
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